Démarche artistique

Écrivaine, Caroline Barber se promène entre littérature, poésie et art actuel. Ses mots sont images. Ses images sont mots. Elle les utilise comme liant entre les êtres humains.

 

Elle crée des espaces protégés. Pour réussir, elle a besoin de circonscrire une époque, de placer une atmosphère. Ensuite, elle entrechoque des mots ou des images qui n’ont, à priori, aucun lien ensemble. De ce choc improbable naît une version hybride du monde. Son interprétation poétique.

 

Le livre, le portrait hybride ou l’installation en cours de création représente pour elle, un lieu intime qui lui demande un engagement total et sans compromis. Chacun possède son importance. Chacun évoque un cocon. Une maison. Un abri. Pour elle. Ses personnages. Le public. Elle vit la découverte de ce nouvel espace si profondément que chaque fois, en plus de le porter, elle a la sensation de l’habiter pleinement.

 

 

 

Le travail de Caroline Barber s’articule en lieux gigognes. Le premier — celui de la création — contient le second — son carnet, l’ordinateur —, qui à son tour renferme le dernier — ses œuvres. Cette structure d’emboitement permet une progression sécurisée et soigneusement préparée à travers les différentes étapes du processus créatif. En interconnectant chaque étape, l’écrivaine développe ses idées de manière organique et cohérente.

 

Dans ses albums jeunesse, le lieu présente une fonction initiatique pour les personnages, les guidant à la découverte d’eux-mêmes tout au long de l’histoire. Le lieu sert ici d’espace de transformation personnelle, où le jeune lecteur peut se projeter et évoluer aux côtés des personnages. Quand elle conçoit des photomontages numériques, les portraits hybrides qui en découlent sont des espaces à part entière. Des lieux qui invitent à explorer sa propre intériorité, son lieu-être. Dans ses œuvres participatives, il s’apparente plus à un espace intime où le public est appelé à y prendre part physiquement. Ainsi, par sa présence et en marchant l’installation, le spectateur passe du simple rôle d’observateur à celui d’acteur dans l’œuvre. Sans cet engagement du corps, l’installation apparaît incomplète. En enracinant ses projets dans l’émotion et l’expérimentation, l’artiste vise à façonner des œuvres riches de sens et d’authenticité.

 

Chaque fois, Caroline Barber aspire à donner aux lecteurs et au public une expérience immersive et personnelle à vivre. En aménageant ces lieux avec soin et intention, elle cherche à établir des connexions profondes et significatives entre l’artiste, l’œuvre et le public. Elle souhaite créer des espaces où les mots et les images se rencontrent, où l’intime et le collectif se rejoignent.